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samedi 9 juin 2012

Beginners


L'idée de départ pour regarder ce film est parti de son affiche comme bien souvent. Comme toute boîte de conserve qui se respecte, celle ci arborait un visuel ma fois sympathique, une typo sympa et Ewan Mc Gregor en compagnie d'un vieillard tout de suite sympathique et de Mélanie Laurent qui continue son voyage initiatique  à travers les États-Unis. Fait assez étonnant et que je me dois de partager immédiatement avec vous : la nouvelle icône du cinéma français ne m'aura pas fait sortir de mes gongs pour une fois. Je crois même ne l'avoir trouvé jamais aussi crédible que dans ce film très personnel de Mike Mills, généralement habitué à la réalisation de clips. Il a entre autres réalisé plusieurs clips pour le groupe versaillais Air qui lui aurait dédié une de leurs chansons sur l'album Cherry blossom.

Revenons tout de même à ce film aux allures de portfolio interactif sur la vie. L'expression peut paraître pompeuse mais la réalisation fait preuve d'une simplicité et d'une authenticité à toue épreuve. Le film s'organise "bizzarement" comme un long clip d'1h30 sur l'enfance, l'amour, la vie et son lot de soucis à commencer par la mort. Mike Mills nous raconte l'histoire d'Oliver, un trentenaire qui va apprendre à connaître son paternel peu de temps avant sa mort. Il faut dire que l'homme en question avait son jardin secret, une homosexualité refoulée jusqu'à l'âge de 75 ans. Apprendre que son père va mourir en plus de savoir qu'il n'a jamais voulu de cette vie dont vous faites partie peut choquer, ça se comprend. Et comme s'il n'était pas suffisamment tourmenté par les fantômes du passé, Oliver va faire la rencontre d'Anna, une jeune actrice qui semble aussi perturbée que lui...

En plus d'une réalisation épurée, presque trop personnelle à certains moments, Mike Mills utilise de nombreux flashbacks pour justifier le comportement d'un débutant de la vie et d'une relation amoureuse saine. Difficile de faire le tri quand tout se mélange dans votre esprit en plus des sautes d'humeur d'une petite amie avec qui la communication est poussive. La communication. Le maître mot à la base de toute relation qui ne voudrait pas être vouée à l'échec. Facile à dire me direz vous! La pratique est toute autre et particulièrement quand on a l'âme d'un destructeur comme Oliver semble en être pourvu.
Le film n'aura pas marqué le monde du cinéma et les quelques lignes qui suffisent à le décrire dans Wikipedia suffiraient facilement à vous faire rebrousser chemin. N'ayez pourtant pas peur de vous y aventurer, vous ne pourrez jamais vous perdre autant que les personnages que vous y rencontrerez.


Extrait musical

jeudi 12 avril 2012

The ghost writer


L'affiche était pourtant prometteuse. Ewan Mc Gregor au milieu d'une ramette de papier A4 en décomposition,  le tout signé Roman Polanski. Un menu DVD stylé avec une musique suffisamment originale pour qu'on se lance dans ce film politique qui fait allusion sans vraiment le pointer du doigt au gouvernement de Tony Blair. Ne manquait plus qu'à l'équipe maquillage de rallonger les oreilles de Pierce Brosnan façon Spock pour que l'on ne puisse plus nier l'évidence de cette pseudo ressemblance.
Inutile de tourner autour du pot pendant deux heures comme l'a fait Polanski pour comprendre que le réalisateur du superbe Rosemary's baby n'est plus tellement inspiré. Il nous vend un complot politique à rallonge dans un style qui se veut le plus épuré possible pour amener la tension à son maximum. Le film peut faire penser à Eyes Wide Shut dans le déroulé de l'intrigue. Sur le papier il est très loin d'atteindre le degré de tension du dernier Kubrick. Les mauvaises langues diront qu'Eyes wide shut était au moins agréable à regarder sur le plan esthétique. Difficile de critiquer le travail de Polanski sur la forme. La tension est progressive comme il nous l'apporte dans la Neuvième porte. Dommage qu'elle ne mène à rien dans cet opus.

Le film raconte les déboires du premier Ministre de Grande Bretagne mouillé dans une affaire de trahison avec la CIA concernant le traitement d'otages intégristes. Pour détourner l'attention, notre politicien décide de sortir ses mémoires à travers lesquelles il pense certainement se racheter une conduite. Malheureusement son nègre est retrouvé mort dans des conditions étranges et Mc Gregor est alors recruté au pied levé pour prendre la relève dans cette sale besogne. Au lieu de se contenter de peaufiner le travail,  notre biographe Jedi se sent le devoir de creuser cette affaire et mettre à nu un président dont la vie semble bien édulcorée.

Vous l'aurez compris à mon ton sarcastique, je ne m'attarderai pas sur ce film qui avait pourtant tout pour convaincre, si ce n'est une véritable histoire de fond. Roman Polanski avait certainement d'autres choses en tête à l'écriture de ce film. Les déboires ne sont pas toujours que politiques et l'homme est bien placé pour le savoir. Toujours est il que le film a connu son petit succès lors de sa sortie controversée. Tout le monde reconnaissait alors le talent du bonhomme dans un plaidoyer du cinéma mondial envers son nouveau protégé.
J'aurai au moins trouvé en Mc Gregor un sosie potentiel de Jason Bateman avec l'âge. J'ai aussi cru voir le sosie de Kim Catral alias Samantha dans Sex and the City avec un visage bouffi et une coupe de cheveux qui lui écrase encore un peu plus le faciès histoire de ne pas la rajeunir....quoi? C'était elle? Ah ouais...

Je resterai donc sur ma fin comment souvent avec Polanski qui semble avoir un don pour nous captiver pendant un certain temps avant de finir par nous décevoir. En même temps c'est un peu l'histoire de sa vie...

Extrait musical