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jeudi 4 juin 2015

La loi du marché



2015, une caissière du Simply Market de Saint Germain en Laye est licenciée pour une erreur de virgule coûtant 60 eur à la filiale du Groupe Auchan (63 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014).
2012 : Lidl licencie une employée, coupable d’avoir volé une chocolatine (et pas un pain au chocolat ne m'emmerdez pas!) d’une valeur de 39 centimes d'euros au groupe allemand à un peu plus de 63 milliards d’euros de CA en 2014.
2011, une caissière est licenciée par le groupe Cora pour avoir récupéré 2 tickets de caisse abandonnés par leur propriétaire et les avoir utilisé pour gagner 5 % sur son menu Best Of.  (Cora en 2013 : 4,88 milliards de CA,  Mc Donald’s un peu plus de 27 milliards)
Finalement, quoi de mieux qu’une compilation des plus beaux faits divers de ces dernières années pour la réalisation d’une belle chronique sociale ? Et surtout, qui de mieux que Vincent Lindon, le plus anonyme des acteurs français, Monsieur Tout le monde pour en être le principal protagoniste ?
Stéphane Brizé l’a bien compris en entourant l’acteur d’une palette d’anonymes plus sincères les uns que les autres. Le réalisateur nous ballade ainsi entre les clans de syndicalistes dont l’implication morale dépasse parfois tout entendement, les banquiers prêts à vous refourguer le moindre produit financier sous prétexte de vouloir vous aider, ou encore la difficulté de vivre avec un handicap quand on est pas né sous une bonne étoile. (Akhenaton si tu me regardes, tac tac !)
La loi du marché raconte la vie de Thierry, anonyme parmi les anonymes (puisqu’il n’a même pas de nom sur sa fiche Allocine), un homme lambda originaire de Picardie, tout juste licencié et baladé de stages en voies de garages par son pôle emploi local. Contraint de rembourser plusieurs crédits à charge et dos au mur, notre Thierry national va finalement accepter un job d’agent de sécurité dans le Mammouth du coin. Son immersion dans le monde de l’agroalimentaire ne va finalement pas le changer du monde qu’il a pu connaître jusque-là, un mélange de tristesse, de colère et de résignation.
Vincent Lindon, l’acteur,  sort tout de même grandi de ce drame social puisque son rôle lui vaut le prix d’interprétation masculine au dernier festival de Cannes.  (Assez étrange d’ailleurs de voir ce genre de film reconnu par un évènement qui détonne totalement avec ce que veut nous montrer son réalisateur, un peu à l’image du très sincère deux jours une nuit avec Marion Cotillard)
On pourra juste lui reprocher sa technique de tournage sur certaines scènes, caméra au poing, qui ferait presque passer ce film pour un projet Blairwitch à la française. (Rien à voir sur le plan esthétique même si l’horreur est pourtant bel et bien au rendez-vous d'un autre point de vue) Ajoutez à cela les travellings des caméras de sécurité dans le supermarché et priez pour ne pas avoir englouti votre dîner en 2/2 juste avant la séance.
De toutes façons, le prochain déjeuner aura du mal à passer, je vous le garantis!



Bande annonce

vendredi 21 mars 2014

Alabama Monroe (vost)


7 mois, 1 jour et quelques heures, c'est le temps qu'il m'aura finalement fallu pour digérer Alabama Monroe et avoir le cran de m'y replonger une seconde fois. Je parle de cran parce que le second film de Felix Von Groeningen demande du courage et un mental à toute épreuve. Certains parleront de misérabilisme ou de ficelles émotionnelles faciles, je parlerai plus simplement d'un coup de poing en pleine tronche!

J'étais pourtant loin d'imaginer ce qui allait m'arriver lors du visionnage de la bande annonce. Un groupe de bluegrass qui fait immédiatement penser au film des frères Coen (O'Brother) et l'amour à première vue impossible d'un musicien et d'une tatoueuse que tout oppose. La musique me poussait à taper du pied, les plans étaient généreux, une actrice plutôt bien fichue, il ne m'en fallait pas plus pour me laisser tenter.
Et puis viennent les premières minutes du film qui annoncent rapidement la couleur. Nous ne sommes pas dans une comédie, nous ne sommes pas non plus dans un feel good movie porté par une bande originale aux p'tits oignons. (Pour l'anecdote, elle est d'ailleurs devenue la bande originale la plus vendue en Belgique à ce jour!) Sortez la boîte de mouchoirs car vous en aurez certainement besoin. 
Alabama Monroe raconte finalement le combat de Didier et Elise face à la maladie de leur enfant, Maybelle, atteinte d'un cancer à un âge où les petites filles ne sont encore que des princesses aux yeux de leurs parents. En découle une multitude de sentiments exacerbés, poignants et forts qui sont remarquablement mis en scène par le réalisateur belge. L'académie des Césars ne s'est d'ailleurs pas trompé, elle qui a récompensé Alabama Monroe par le César du meilleur film étranger. (Enfin une statuette que Gallienne n'emportera pas avec lui!)

Pourvu d'un esthétisme quasi irréprochable, le film pousse son public à s'interroger sur ses croyances, l'existence d'un au delà ou encore ce qui fait ou pas la force d'un couple. Qu'on aime ou pas, il ne peut laisser indifférent et devrait faire le bonheur des tatoueurs locaux dont l'activité devrait connaître un pic dans les mois qui arrivent. (A ce propos et au cas où vous vous poseriez la question, les tatouages d'Elise ne sont malheureusement qu'éphémères...désolé messieurs, vous pouvez ranger vos fantasmes au placard!)
Les minutes passent et je me rends compte qu'il m'est aussi difficile de parler du film après l'avoir vu une seconde fois que si j'avais rédigé cet article à ma sortie du cinéma. Je porterai peut être des bottes de cowboy rouges avec un tatouage que je regretterai déjà le lendemain de mon craquage mais l'émotion est toujours la même. Celle la même qui fait qu'on se sent vivant et qu'on veut désormais profiter de chaque instant de cette putain de vie! Alors ne perdez plus une seconde et jetez vous sur ce film si ça n'est pas déjà fait!



Extrait musical

samedi 5 octobre 2013

De battre mon coeur s'est arrêté


Savoir jouer du piano n’est pas donné à tout le monde. Il faut déjà disposer du matériel, celui-là même qui a failli vous coûter la vie lors d’un déménagement au rabais, et je sais de quoi je parle… Cela demande aussi un travail quotidien en plus d’une sérénité absolue, deux qualités que je peine encore à maîtriser à l’image de mon homologue Thomas Seyr, auquel  je ne prétends bien évidemment pas me comparer. 

Thomas est sanguin, je le suis aussi mais pas au même degré. Mes amis ne m’ont par exemple jamais vu tabasser des réfugiés sans domicile fixe ou balancer des rats dans des immeubles squattés par des assos pour faire des quartiers pauvres de Paname un Monopoly à taille réelle. On achète une vieille bâtisse pour une bouchée de pain, on la revend le triple une fois le « ménage » opéré. Une technique vieille comme le monde dont Thomas a d’ailleurs hérité de son père, la violence urbaine en plus.
Et puis, il y a l’autre facette de Thomas, le musicien raté, bien décidé à se remettre au piano qu’il avait abandonné depuis le décès de sa mère, une discipline dans laquelle il excellait selon les dires de son ancien professeur qui va même jusqu’à lui proposer une audition. Le challenge est de taille pour le Stephane Plaza des sous quartiers de Paris, mais l’occasion de renouer avec son passé, et plus particulièrement avec sa mère est une opportunité qu’il ne peut pas refuser. C’est donc malgré les réticences et les moqueries de son entourage que Thomas va se replonger dans la musique bien secondé par Miao Lin, une pianiste chinoise de talent n’alignant pourtant pas deux mots de français et donnant ses quelques cours au black dans un vieux T2 du fin fond de Paris.

De battre mon cœur s’est arrêté est le film qui m’a fait découvrir l’univers de Jacques Audiard comme bon nombre de cinéphiles de l’hexagone. Un cinéma poignant, loin des clichés du quotidien et criant de vérité. Un cinéma coup de poing, qui vous balance un uppercut là où ça fait mal et quand on ne s’y attend pas ! Rien que le titre du film vous coupe le souffle. Un morceau de poésie qui cache en fait un personnage déchiré par la vie, aussi attachant que détestable mais que je vous conseille de toujours garder comme allié.

La performance de Romain Duris est juste incroyable ! Son talent n’est bien entendu plus à prouver depuis longtemps  mais Jacques Audiard semble l’avoir révélé comme personne avant lui.  Un personnage entier, lunatique et qui partage sans le vouloir avec son spectateur ses angoisses les plus profondes.
Mes amis le savent, le cinéma français m’a souvent déçu mais quand je vois des films comme celui-ci, je me dis qu’il y a encore du bon chez nous et que l’exception culturelle française ne s’arrête pas aux chtits ou aux performances en noir et blanc d’un ancien comédien projeté sur le devant de la scène au bon moment, bien aidé par un plan marketing aux petits oignons. Les œuvres suivantes du réalisateur en sont d’ailleurs la parfaite illustration et je ne saurai vous conseiller de vous pencher sur sa filmographie si ça n’était pas déjà fait. Reste juste à savoir si vous aurez les épaules pour le supporter…


Extrait musical

lundi 28 janvier 2013

Crossing guard (vost)




"Tu t'es vu quand t'as bu?" Bien qu'il date des années 90, le slogan qui symbolisait le mieux la sécurité routière est toujours d'actualité partout à travers le monde. J'en veux pour preuve cet incroyable Crossing guard dont tous les majors de la sécurité routière américaine n'ont du cesser d'aduler depuis sa sortie et lors de chacune de ses rediffusions en prime time! La pub est gratuite,elle est signée Sean Penn qui transforme sa seconde tentative derrière la caméra où il semble aussi à l'aise que devant l'objectif des plus grands réalisateurs qui l'ont sans aucun doute inspiré.

The Crossing Guard raconte l'histoire d'une famille détruite par la disparition d'un enfant. Mary a succombé à la bêtise d'un chauffard ivre, entraînant avec elle la perdition totale de son paternel qui ne parviendra jamais à surmonter le décès de sa petite fille. Le mal s'installe, tous comme les doutes et la bêtise jusqu'au jour où Freddy apprend la libération prochaine du meurtrier de sa fille. L'occasion est trop belle pour absoudre les erreures du passé et démarrer enfin une nouvelle vie. Mais cela sera-t-il suffisant?

Dans ce thriller au rythme inhabituellement posé, Sean Penn oppose deux personnages aux antipodes de la société. L'un a soif de vengeance, l'autre ne demande qu'à se repentir, mais lequel est réellement dans le vrai?! Peut on blâmer un père de vouloir rendre justice quand les autorités compétentes n'en ont que le nom? Faut il laisser une seconde chance en pardonnant l'impardonnable? Le sujet est vaste et relativement tabou comme les apprécie tout particulièrement Sean Penn. Il est audacieusement parti pris dans ce fait divers dont l'ampleur psychologique nous dépasse tous tant qu'il relève de la fiction.
Dans l'histoire de Sean Penn, Jack Nicholson et David Morse incarnent parfaitement cette dualité. L'un fait le métier comme à chacune de ses sorties tandis que l'autre assure pleinement pour une fois qu'il n'est pas relegué dans le second rôle du bon copain fidèle. (La ligne Verte, Rock)

On pourra toujours reprocher à Crossing guard d'être de bon ton et plein de bons sentiments. Il n'empêche qu'il est l'oeuvre d'un réalisateur investi qui ne craint pas ses prises de position, n'en déplaise à l'opinion publique. Et vous? Nicholson ou Morse? L'heure est venu de choisir votre camp!


Extrait musical

mercredi 23 janvier 2013

Les noces rebelles (vost)


Sam Mendès est bel et bien une pointure! Devenu spécialiste dans la critique de l'american way of life, il pointe du doigt les banlieusards comme personne avec un style qu'il assume pleinement depuis le fabuleux American Beauty. Sa suprématie esthétique est telle qu'il parvient même à faire d'une simple histoire de couple anodine une romance incroyablement belle. Il faut dire que le réalisateur s'en est donné les moyens. Il reforme le combo magique de Titanic en mettant côte à côte Leonardo Dicaprio et le fantasme de 90 % des ados nés dans les années 80, l'entière Kate Winslet sans son coeur de l'océan qui n'est autre que sa femme! Il s'octroie qui plus est à nouveau les services du compositeur Thomas Newmann sans qui le film ne serait qu'un vulgaire bijou sans l'écrin qui va avec!

Mais revenons à l'histoire somme toute assez sommaire. April et Frank Wheeler représentent le parfait petit couple d'une banlieue américaine qui n'est pas sans rappeller une certaine Wisteria Lane. Erreur! Nous sommes trés précisement sur Revolutionary Road dont le nom servira de titre dans la version originale du film. Encore un raccourci des producteurs outre-atlantique qu'on a du mal à s'expliquer...bref! Alors qu'ils semblent en parfait harmonie, le couple se pose énormément de question sur leur devenir, ce qu'ils sont et ce à quoi ils aspirent. Enfermés alors dans une routine qu'ils s'étaient jurés de fuir, ils prennent alors la décision de repartir à zéro et poser leurs bagages en France pour démarrer une nouvelle vie pleine d'espoirs. Malheureusement, ils ne poseront jamais le pied à Roissy, incapables l'un comme l'autre de changer leur destinée et un quotidien qui les a clairement bouffé!

Si le fond de l'histoire sonne finalement assez creux, la forme en justifie largement l'intérêt. La photographie est juste incroyable à travers des plans tout droits sortis des plus grands catalogues de déco des années 50. Certains crient au classicisme du réalisateur mais ne peuvent qu'être ébahis devant tant d'application à sublimer son oeuvre. La pellicule devient alors lisse, presque aussi vide que l'idée du couple que se font nos deux toutereaux. Ils sont cependant bien aidés par un casting efficace et mûrement réfléchi à l'instar de Michael Shanon qui sous ses faux airs de Javier Bardem campe un magnifique psychotique comme on aime à les cacher dans les banlieues chics de l'oncle Sam. Au final, impossible de ne pas penser à American Beauty et indirectement à Lester Burnham qui contrairement à Frank Wheeler se décide un beau jour à les sortir pour les poser sur la table de l'idylle familiale et se remettre en question! Inutile d'être plus explicite, je pense que tout le monde aura compris!

Vous l'aurez compris, j'ai du mal à m'emballer malgré tous les arguments dans la balance. Impossible de remmettre en question le travail abattu par Sam Mendès pour faire de ce film un concurrent sérieux aux oscars. Je n'ai juste pas été emballé par le scénario comme cela s'était avéré le cas pour Away we go lorsque je l'avais chroniqué. Inutile de vous préciser que je retenterai tout de même l'expérience dans quelques temps, bien décidé à me convaincre que le film ne se résume pas à un bel écrin certi d'une contre-façon. Dommage!


Extrait musical

samedi 5 janvier 2013

Stand by me (vost)




Comment s'amusaient les gamins avant l'arrivée d'Internet? Impossible de liker l'album Instagram des potos dans les années 50, encore moins de se vautrer devant l'écran des heures durant.
Basé sur une nouvelle de Stephen King, Stand by me raconte le périple de quatre jeunes américains prêts à affronter la mort, tout du moins à approcher un cadavre abandonné dont ils ont eu vent par leurs aînés. Avec pour seul bagage leur courage et une curiosité il faut le dire plutôt malsaine, Gordie, Teddy, Vern et Chris arpentent la principale voie férrée d'Oregon bien décidés à devenir les héros du village en devançant les autorités locales. C'était malheureusement sans compter sur Ace et sa bande de zonards dont l'implication dans cette sombre histoire de cadavre reste encore à prouver...

Rob Reiner illustre parfaitement le passage entre l'enfance et l'âge adulte dans ce road movie aux allures de carte postale. Nos quatre chérubins apparraissent tellement innocents malgré leurs airs de grands garçons lorsqu'ils s'essaient à crapoter sur les cigarettes chapardées au paternel quelques heures plus tôt. Ils bombent le torse et affrontent alors le danger comme si leur existence en dépendait. Ils ne sont pourtant que des gamins qui cherchent à noyer leur ennui dans une escapade de 48 heures à travers champs.

A ce propos, nos louveteaux ont bien grandi puisque vous pourrez reconnaître dans le désordre Will Wheaton (aka l'ennemi juré de Sheldon Cooper dans Big Bang Theory), Jerry O'Connell (Sliders), Kiefer Sutherland qu'on ne présente plus ou encore River Phoenix dont le passage éclair dans le tropisième volet d'Indiana Jones me replonge lui aussi directement vers l'enfance!

Rythmé par une bande son rockabilly  et quelques dialogues incongrus, Stand by me est une belle ode à l'enfance, l'innocence et l'insouciance d'une génération d'aprés-guerre qui ne demande qu'à exister. Une belle leçon de vie dans les années 50!


Extrait musical 

dimanche 11 novembre 2012

Legendes d'automne


Toutes les familles ont leur histoire. Certaines sont plus romancées que d'autres, certaines heureuses, d'autres tragiques mais celle de la famille Ludlow méritait d'être partagée. Le film nous transporte à travers les époques dans la vie de famille des Ludlow basés dans le Montana. Et quel régal visuel! On se rapproche des paysages du Wyoming dans lesquelles batifolent quelques bergers solitaires qui se cherchent. Ici, pas de connexion Wifi ou de temps d'attente du tramway. La maison des Ludlow est un havre de paix dans lequel on rêverait de passer quelques mois à réfléchir sur la vie en mâchouillant une brindille de blé allongé dans la verdure à perte de vue. Je ne dis pas que la vie moderne ne me manquerait pas. Je m'adapterai certainement même si la tentation de rebrancher mon pc serait inévitable. Une fourchette, du papier alu, une casserole, tout serait bon pour capter la moindre barrette de réseau!

Le film raconte le destin de trois frères élevés par leur père, ancien militaire ayant servi pendant la guerre de Sécession. Leur vie bascule le jour où Samuel, le benjamin de la fratrie ramène sa fiancée pour la présenter aux siens. Susannah va sans le savoir bouleverser le quotidien de ces hommes qui tombent immédiatement sous le charme de cette présence féminine qui leur fait défaut depuis des années. Là dessus arrive la première guerre mondiale à laquelle Samuel tient absolument à prendre part par pure fierté. Les trois frères partent alors combattre l'ennemi allemand dans une expérience qui les marquera à tout jamais.

Nostalgiques et émotifs s'abstenir! Le film basé sur une nouvelle de Jim Harrison n'est pas sans rappeler et au milieu coule une rivière de Robert Redford, le père symbolique d'un Brad Pitt dont la crinière affolerait les fabricants de shampoings les plus réticents du marché. Le frère aîné est campé par Aidan Quinn, sosie officiel de Gad Elmaleh l'humour en moins. Le paternel est quant à lui joué par Anthony Hopkins dans une performance loin de ses rôles de cannibale dégueulasse que les producteurs s'entêtent à lui affubler. Cette édition Blu-ray au delà de la qualité de l'image m'aura permis de revisionner une énième fois cette chronique du fin fond des Etats Unis d'avant guerre. Toute de rose bonbon vêtue, cette histoire met le doigt sur les non dits et faux semblants qui trouvent lieu dans toutes les familles du monde. Nous ne sommes pas si différents des Ludlow. Nos conditions de vie sont différentes en bien des points mais les épreuves de la vie sont les mêmes aussi difficiles soient elles à traverser. Je vous parlais l'autre jour des scènes qui vous serrent la gorge comme un étau, celui-ci en est rempli. Brad Pitt n'est pas qu'un beau gosse, il a d'autres qualités....enfoiré va!


Extrait musical

dimanche 4 novembre 2012

Bon baisers de Bruges (vost)


Ça démarre comme une mauvaise blague belge. Une histoire somme toute assez banale de deux tueurs à gages en planque dans la ville de Bruges en attendant de se faire oublier du côté de Londres. Alors que Ray veut quitter ce trou à rats au plus vite, Ken profite de l'opportunité qui lui est offerte pour faire un peu de tourisme aux frais de son commanditaire censé leur indiquer les instructions à suivre pour les semaines à venir. Mais qu'ont donc fait ces deux là pour mériter un tel sort??!! Une punition pour l'un, des vacances pour l'autre mais qu'ils semblent perdus nos deux tueurs à gage bien loin de leur Irlande natale!

Colin Farrell et Brendan Gleeson nous divertissent pendant prés d'une heure trente dans un film qui joue avec les intitulés. Comédie? Drame? Thriller? Bons baisers de Bruges, c'est un peu tout ça à la fois! Martin McDonagh a su personnaliser son film au point de le rendre passe-partout. (N'y voyez là aucun jeu de mots pourri avec la présence d'un nain dans le film...dommage j'aurai presque pu le faire exprès!) La Venise du Nord est sublimée par une photographie incroyable alliée à une bande son des plus notables réalisées ces dernières années. pour la petite anecdote, elle est l’œuvre de Carter Burwell à qui l'on doit entre autres les trois quarts des bandes originales associées aux films des frères Coen. Une belle pioche pour le réalisateur irlandais bien loin de son terrain de jeu favori, le théâtre. Et finalement quand on y réfléchit, McDonagh n'est pas tant sorti des sentiers battus, faisant de la ville de Bruges un hui-clos parfait pour le déroulement de son intrigue.
Il s'est d'ailleurs offert les services d'un ancien dramaturge, devenu aujourd'hui sorcier maléfique et ennemi public n°1 des fans d'Harry Potter, j'ai nommé Ralph Fiennes. Malgré son faible temps de jeu, le britannique impressionne toujours autant qu'il nous fait mauvaise impression. Autant vous le dire immédiatement, sa quotte de popularité n'augmentera pas d'un iota malgré cette nouvelle sortie ô combien remarquable!

Voilà où s'arrête mon travail. J'ai bien tenté de vous ouvrir les portes de la forteresse belge mais ne pourrai vous forcer à y entrer. Mais n'ayez crainte! Les stéréotypes concernant nos amis flamands ne se vérifient pas tous, ils pourraient même vous surprendre!


Extrait musical

mercredi 31 octobre 2012

La piel que habito (vost)




Mais que se passe t-il dans la tête de Pedro Almodovar? Si John Malkovitch s'était fait analysé à l'écran il y a quelques années dans le film du même nom, c'est bien le réalisateur espagnol qui aurait du prendre sa place sur le divan pour y raconter son enfance et le lot de troubles qui vont avec! Torturé autant que dénué du moindre tabou, Almodovar ne cesse de nous surprendre à chacun de ses films comme pour mettre sur la table des choses qu'on aurait jamais imaginé exister dans notre petit confort du quotidien. Il n'est pas le premier, c'est évident,  mais il est passé maître pour retourner les situations conflictuelles dans une sorte d'antichambre de la folie qui reste crédible aussi effrayante soit elle!

Tolède, Espagne les années 2000. Robert Ledgard, ancien chirurgien esthétique reconnu par ses pairs s'affère à recréer des tissus humains dans le laboratoire situé au sous-sol de sa somptueuse villa. En parallèle, il garde en semi-captitivité une jeune femme sur laquelle il expérimente secrètement ses travaux jugés dérangeants par les pontes de la génétique actuelle. Inutile de me tirer les vers du nez, vous ne saurez pas qui est cette femme et pourquoi le Docteur en chirurgie en a fait sa marionette! C'est bien là que réside toute l'intrigue du film que Pedro Almodovar amène lentement par des flashbacks soigneusement mis en scène et une bande son qui habille aussi bien le film qu' Elena Anaya sa combinaison si moulante qu'elle ne laisse que peu de place à l'imagination!

Loin d'être grand public, la piel que habito est pourtant fascinant lorsque le film bascule dans l'inpensable. On ose pas y croire, on ne veut pas y croire, on devient mal à l'aise d'une situation qu'on ne controle déjà plus. Quand je pense que ma grand mère m'envoyait faire le Loto quand Brook et Rick s'embrassaient langoureusement pendant Amour, Gloire et Beauté de peur de me choquer! Elle est certainement loin de s'imaginer que j'aurai vu de telles choses bien des années plus tard! Et c'est tant mieux!
Sur le reste, il m'est difficile de m'avancer sans dévoiler l'intrigue du film. J'espère juste que j'aurai alpagué certains curieux, fascinés devant l'interdit aussi belle soit l'enveloppe. Pour être honnête avec vous, je ne suis pas prêt de regarder à nouveau ce film. Je suis juste content de l'avoir vu! Je saurai simplement le ressortir dans quelques années une fois que je l'aurai digéré!


Extrait musical

lundi 24 septembre 2012

Looking for Eric (vost)


Je ne suis pas très foot. Pour moi Eric Cantona c'est juste le mec aux gros sourcils qui parlait peinture et mouettes à JPP dans les guignols de l'info. Pour les anglais, particulièrement les mancuniens, c'est juste un dieu avec un caractère qui leur ressemble. Impulsif sur et en dehors du terrain Canto semble avoir marqué les esprits de tout un peuple qui va même jusqu'à lui donner le premier rôle d'une nouvelle satyre sociale orchestré par le génialissime Ken Loach!

Looking for Eric ne se résume pourtant pas qu'au ballon rond! On y découvre Eric, postier lambda de la Royal Mail dont la vie orbite autour d'une famille recomposée, d'un premier amour perdu, et bien évidemment du King, non pas Elvis mais bel et bien Eric Cantona! (Cocorico)
Au fond du gouffre, c'est tout naturellement vers son idole qu’Éric va chercher du réconfort. Et bien qu'il ne soit qu'un poster sur le mur de sa chambre, le King va soudainement prendre vie pour aider notre facteur en détresse. En véritable coach à l'accent franchouillard, il va aider Eric à reprendre sa vie en mains et lui montrer qu'il ne fait pas bon de stagner pour prendre les rennes de sa vie. Les amateurs du Canto philosophe ne seront pas déçus, les fans de foot non plus au vu des quelques séquences glissées intelligemment par un réalisateur inspiré.

Ken Loach pointe une nouvelle fois de l'index cette couche de la population qu'on a trop souvent tendance à négliger quand on parle de l'Angleterre: ceux qui vivent le foot à travers les pubs et pas dans les travées d'Old Trafford devenu le repère d'une population aisée à la recherche de ses soit disant racines! Le casting transpire la sincérité comme si les trois quarts des acteurs avaient été recrutés sur le tas au fond d'un vieux pub londonnien respirant la sueur et le houblon. Impossible de ne pas se sentir immergé dans l'univers d'Eric, surtout lorsqu'on se frotte à l'accent local, une sorte d argot anglais qu'on ne prononcerait qu'avec une knacki dans la bouche! Inutile de vous le préciser, la version originale est indispensable pour apprécier le film à sa juste valeur et côtoyer la population locale de plus prés. Personnellement, j'avoue avoir eu un p'tit faible pour ce pauvre sosie de Liam Gallagher en gros et moche. Les afficionados d'Oasis me comprendront!

Looking for Eric, c'est finalement juste un bon moment de fraternité, de franche rigolade mais aussi de réflexion sur le sens de la vie et les épreuves qu'elle nous oblige à surmonter. Le film est touchant, il a presque quelque chose de naïf comme s'il n'était qu'un premier film, authentique et naturel. Il est pourtant l’œuvre d'un réalisateur accompli qui n'aura de cesse de mettre en lumière des personnages certainement plus intéressants que l'image que le pays veut bien nous en donner! Chapeau bas!


Teaser

dimanche 19 août 2012

Vol au dessu d'un nid de coucou (vost)

On réduit trop souvent la carrière de Jack Nicholson à sa prestation dans le premier Batman de Burton ou à cette image de vieux croulant abonné au premier rang pour chaque nouvelle saison des Lakers. Ce serait pourtant vite oublier une filmographie qui ferait pâlir n'importe quel débutant qui songerait à poser son empreinte sur Hollywood Boulvard. Vol au dessus d'un nid de coucou a pourtant fait de Jack le monstre qu'il est devenu. Investi autant qu'authentique, il va faire d'un simple film de Milos Forman, une institution qui ne cessera d'être reprise ou parodiée à travers les âges. Pour ma part, j'ai découvert le film grâce aux Simpsons qui comme bien souvent rendent hommage au cinéma américain à travers de fidèles reconstitutions plan par plan. Une aubaine pour ceux qui voudraient redécouvrir quelques classiques du septième art mais je m'égare à nouveau...

Vol au dessus d'un nid de coucou raconte le passage remarqué de Randle Mc Murphy au sein d'une institution psychiatrique. Non pas qu'il soit foncièrement dérangé mais Randy préfère amplement la méchanceté de l'infirmière en chef Ratched plutôt que les matons du pénitencier le plus proche. Au vu de son comportement, Randy intrigue pourtant les autorités qui vont le mettre à l'essai pour quelques semaines histoire de voir où se situe vraiment sa place! Immédiatement à l'aise dans cet environnement aussi morbide qu'aseptisé, Randy n'hésite pas une seconde à bouleverser les habitudes des résidents et provoquer l'autorité qu'il estime totalement injuste chaque fois qu'il en a l'occasion.

Difficile de montrer cet environnement sans qu'on se sente pointé du doigt. Les clichés sont faciles mais dans mon souvenir, seul l'éveil de Penny Marshall avait autant suscité mon attention par la sincérité qu'il dégageait. Malheureusement ou heureusement je n'ai pu m’immiscer dans un hôpital psychiatrique pour parfaitement vous rendre compte du travail de Milos Forman. Laissons lui tout de même le bénéfice du doute dans une reconstitution aussi effrayante que fascinante. L'homme nous montre le groupe comme un lot d'écoliers indisciplinés à qui l'on doit régulièrement demander de tendre la joue histoire d'intégrer quelques principes de base de la vie en communauté. L'infirmière Ratched joue d'ailleurs parfaitement le rôle de cette police que les résidants redoutent comme le pire des professeurs qu'ils aient pu connaître durant leur scolarité!
Je n'ai jusqu'ici parlé que du grand Jack Nicholson, mais nombre d'acteurs ont fait leurs débuts dans ce drame incontournable du cinéma américain. Vous reconnaîtrez ainsi dans le désordre Danny deVito, Christopher Loyd ou encore Brad Dourif (bon ok le dernier m'a été soufflé par Wikipedia pour son rôle ragoûtant dans la trilogie du seigneur des anneaux. Je savais bien que je l'avais vu quelque part celui là...)

Souvent référencé parmi les plus grands films de tous les temps, vous vous devez d'y jeter un œil ne serait-ce que pour la performance de Nicholson dont le rôle avait été promis aux plus grands avant que Milos Forman ne joue son vatout! (Michael Douglas, Marlon Brandon ou Gene Hackman pour ne citer qu'eux!) On ne peut que le féliciter du résultat dans un film qui donne à réfléchir malgré plusieurs passages où vous ne pourrez vous empêcher de rire aux éclats malgré la gravité de la situation. Il est encore bon de rire de tout!


Extrait musical

lundi 6 août 2012

Taxi driver (vost) Blu-ray


Je n'avais vraiment pas envie de sortir de chez moi ce soir là. Un peu casanier, un peu fatigué, c'est en taxi que j'ai finalement décidé de me laisser entraîner pour la nuit. Au volant, Travis Bickle, un ancien Marine dont le retour au civil semble poussif. Insomniaque et vieux réac', il a choisi de rentabiliser ses virées nocturnes en s'improvisant chauffeur de taxi dans les artères sans fin de Big Apple. L'homme n'est pas très causant mais c'est encore un des derniers chauffeurs à oser s'aventurer dans certains quartiers de la ville où se côtoient pègre et prostitution. Bien que maladroit, Travis est bien décidé à filer un bon coup de karcher pour éradiquer le nouveau mal des rues, il est pourtant bien seul...

Martin Scorsese signe sans le savoir l'un des films qui le définira le mieux dans une filmographie qui en impose! Solitude, insomnies, guerre des gangs, violence sont quelques thèmes chers au réalisateur que l'on retrouve bien évidemment dans Taxi driver. Il profite même du film pour s'octroyer un rôle aux côtés du grand Rob De Niro qui habite avec précision cette jeunesse en provenance du Vietnam qui peine à trouver ses marques dans une société qui semble l'avoir lâchement abandonné. Qu'il est dur de voir désormais ce monument du cinéma se fourvoyer dans des comédies à rallonge pour arrondir ses fins de mois! Ce Rob là était autrement plus classe, autrement plus authentique! Je n'ai qu'à citer cette fameuse scène où Travis dégaine son magnum devant son miroir en balançant le cultissime "You're talking to me?" pour argumenter mon plaidoyer pour le beau père Furniquer!
A ses côtés vous reconnaitrez au premier coup d’œil la très jeune Jodie Foster dans un rôle qui la propulsera aux portes des plus grands réalisateurs dans les années qui suivront. Vous pourrez également voir Harvey Keitel dont le costume de Joe l'indien est certainement disponible dans les Gifis et autres Foires fouilles dans les bacs d'invendus. Un tel accoutrement n'était sûrement pas indispensable, il donne en tous cas à sourire dans ce film qui ne vous en tirera pas beaucoup!

Sur le plan technique, privilégiez la version Blu-ray qui a bénéficié d'une restauration quasi intégrale. Je dis quasi car certains plans sont passés entre les mailles du filet à croire qu'on était en pleine pause déjeuner lors de ces fameuses séquences! Le grain est net, à cent lieues de n'importe quel autre support qui vous ferait presque regretter de vous être intéressé au film. Enfin je dis ça, je dis rien...

Palmé au festival de Cannes 1976, Taxi Driver se déguste sur la banquette arrière de votre canapé. On y voit New York comme on la voit rarement, comme si la nuit la révélait finalement au grand jour! N'ayez pourtant crainte puisque Travis Bickle, votre guide pour la nuit allie les qualités d'un Ryan Gosling dans Drive avec le grain de folie d'un Malcolm McDowell dans Orange mécanique. Alors pas vraiment rassurés?...ça se comprend!


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mardi 17 juillet 2012

Les adoptés


C'est sur les conseils de Squizzz, un blogger ciné à surveiller que j'ai décidé de retenter l'aventure Mélanie Laurent. D'ordinaire, je la mettrai dans le même sac que les Marion Cotillard, Audrey Tautou et autres représentantes d'une exception culturelle à la française, à savoir, pédante et méprisante. Je vais pourtant faire exception et contempler le travail de Mélanie Laurent derrière la caméra. Elle qui n'avait réalisé jusque là que deux courts métrages et un album taillé en pièces s'attaque au long format, consciente que la critique se fera un malin plaisir de lui tomber dessus au premier écart!
Une chose est sûre, la parisienne n'est pas venu les mains dans les poches mais des idées plein la tête qu'elle a pu piocher ça et là. Autant se le dire de suite, les adoptés n'a rien de novateur. Il emprunte les codes et techniques d'ancêtres du cinéma dans une sorte d'hommage dont on ne parvient jamais à déterminer le genre.

Le film raconte le destin de deux sœurs d'adoption, Marine et Lisa dont les relations oscillent entre une protection quasi malsaine et une culpabilité qu'elles agrémentent jour après jour au gré de leur rencontres. Difficile de se construire avec un boulet pareil même si Marine va tout de même tomber sur la perle rare et donner ainsi un nouveau sens à sa vie. Démarre alors une relation tumultueuse avec Alex ( le fermier d'Inglourious Basterds, ne cherchez plus!) qui va brutalement prendre court au coin d'une rue pour finir dans un profond coma. La position d'Alex n'est pas des plus évidentes dans une famille qui prône le protectionnisme depuis des lustres. Reste pour lui à les convaincre et parvenir contre tout à se faire adopter.

Le film est plutôt réussi même si Mélanie Laurent a sans doutes voulu trop bien faire. Elle mélange différents styles en nous balladant de la comédie romantique pendant prés d'une demi-heure au mélodrame des familles pour le restant du film. Ses approches sont intelligentes mais trop disparates. Elle prend chez Jeunet pour la nostalgie et les tableaux de l'enfance, chez Lioret pour la tragédie aux limites du pathos. Il faut dire qu'elle a été à la bonne école, elle qui incarnait l'actrice principale de je vais bien ne t'en fais pas dans une production qu'on pourrait facilement rapprocher des adoptés. Mélanie joue avec les champs contre-champs, floutant une réalité pas toujours facile à discerner et mettre sur la table. Elle enchaîne de nombreux  courts plans séquences qu'affectionne particulièrement Wes Anderson devenu maître en la matière. En somme, elle nous offre un patchwork de ce qu'elle kiffe dans le septième art depuis qu'elle y a mis un pied!

Vous l'aurez compris, je ne vous propose pas une soirée de franches rigolades malgré la présence au casting d'Audrey Lamy (sœur de) dont on ne vante plus les mérites sur la scène humoristique française. J'ai aussi oublié de vous préciser que Mélanie Laurent tenait sa place des deux côtés de la caméra. Elle nous offre une prestation assez sobre dans un genre qui l'habille à la perfection. On notera également la belle prestation de Marie Denarnaud qu'on espère revoir rapidement dans un prochain long métrage. Elle signe malgré son temps de jeu plutôt maigre une prestation notable qu'on ne peut qu'adopter!


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lundi 11 juin 2012

Precious (vost)


Connaissez vous l'adage qui dit qu'on ne choisit ni ses parents, ni sa famille? Claireece "Precious" est certainement mieux placée que quiconque pour l'illustrer. A 16 ans elle attend son second enfant que lui a lâchement fait son propre père. Elle compte déjà une petite fille de l'inceste dont les années sont comptées et une mère violente qui la rabaisse constamment comme pour lui reprocher la relation privilégiée qu'elle entretient avec son mari. Le tableau n'est pas tout rose surtout que Precious est quasi analphabète et dotée d'un physique peu commun qui attise rapidement les railleries de son quartier.
Seule l'imagination la sort de son quotidien. Elle se voit chanter au sein d'un gospel, danser dans une troupe de filles filiformes qui ne la jugent pas pour ce qu'elle est "sur le papier". Heureusement pour elle, son école a la riche idée de l'envoyer dans un centre d’éducation spécialisé où elle va rapidement s'intégrer n'en déplaise à sa mère dont la poigne s'éloigne de jours en jours...

Lee Daniels signe là le bijou indépendant de l'année 2009. Malgré un casting en majeure partie amateur et une réalisation torchée en cinq semaines, le film rafle les plus grandes récompenses aux quatre coins du globe. Certains seconds rôles ne manqueront pas de vous surprendre à commencer par Lenny Kravitz en infirmier mi-roots et Mariah Carey dans le rôle d'une assistante sociale dont elle aurait bien besoin au vu de ses dernières prestations à la télévision. Soyons honnêtes, ils auront peut être servi à faire quelques entrées supplémentaires mais leur carrière est bel et bien dans la chanson!
En fait, le véritable meilleur second rôle de cette chronique plutôt difficile à avaler reste Mo'nique, la mère de Precious dont la violence tant physique que verbale fait peine à voir. Femme soumise et rancunière, elle incarne tout ce qu'une maman peut avoir de mauvais. Elle est détestable et il reste fort à parier que les réalisateurs y réfléchiront à deux fois avant de l'engager tant son rôle aura marqué les esprits. Elle est d'ailleurs repartie avec une statuette dorée comme si le tout Hollywood avait fait dans son falesard de la voir repartir bredouille!

Avec une réalisation originale faite de mouvements de caméra plus amateurs qu'habituels et une bande son qui respire le Harlem des années Fresh prince, Precious est un beau film qui ne pourra que vous atteindre. Allez au delà des préjugés et laissez vous emporter!


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jeudi 31 mai 2012

The hours (vost)


Assez perplexe lors d'un premier visionnage qui remonte désormais à quelques années, je me devais de renouveler l'expérience de The hours. Pourquoi s'infliger ça me direz vous? Parce qu'avec du recul, on s'aperçoit que son réalisateur, Stephen Daldry a marqué le cinéma malgré une filmographie plutôt timide et peu prolifique. On notera surtout les excellents Billy Elliot  et The reader. Parce qu'à y regarder de plus prés, le casting est impressionnant pour représenter la gente féminine : Meryl Streep, Julianne Moore et la méconnaissable Nicole Kidman qui survole littéralement le film dans une prestation pour laquelle elle sera justement récompensée par la plus haute des distinctions.
Enfin pour la seule et bonne raison qu'Ed Harris y campe un gentil, loin de ses éternelles aspirations de pouvoir ou de vengeance et rien que pour ça, je me devais de m'y replonger et de vous le faire partager!

The Hours raconte le destin de trois femmes rongées par la culpabilité et accessoirement les antidépresseurs. Les trois histoires se passent à différentes époques mais révèlent toutes un profond malaise que les années n'altèrent jamais. L'histoire à partir de laquelle toutes les autres vont se greffer est bien celle de Virginia Woolf, paranoïaque reclus au fin fond de la campagne londonienne pour y fuir un quotidien qui l'a littéralement brisé. Son refuge à la solitude reste Mrs Dalloway, ce roman qu'elle tente de mettre sur pieds lorsqu'elle n'est pas habitée par ses sempiternels démons. Quelques années plus tard, on réalise que son roman a inspiré de nombreuses femmes dont Laura, une jeune américaine qui se voile la face sous ses airs de Bree Vandekamp mais aussi Clarissa, qui semble étrangement vivre la romance de Mrs Dalloway dans une version contemporaine et dépoussiérée.

Vous vous en doutez, des passerelles existent entre ces trois histoires afin de ne pas en perdre le fil à chaque changement de mains. Chacune d'entre elles demandera néanmoins toute votre attention malgré l'inévitable brainstorming qui semble se profiler dès les premières secondes du générique de fin!

Au delà d'une bande son soignée et composée par Philipp Glass qui rappelle incontestablement celle du Truman show, on retiendra surtout de ce film des performances d'actrices qui n'hésitent pas une seconde à se mettre à nu malgré quelques artifices plutôt bluffants.
The Hours n'est finalement qu'une course effrénée contre le temps qui passe et la manière de se l'approprier. Je pense sincèrement qu'on l'apprécie selon l'importance que l'on accorde aux minutes qui défilent au compteur de la vie. Je ne saurai donc vous conseiller de le regarder et d'en faire votre propre opinion. Comme je vous l'ai dis, tout n'est qu'une question de timing!


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lundi 28 mai 2012

Un homme d'exception


Quelqu'un m'a dit un jour "Russell Crowe peut tout jouer!" Ce gars là était un fan inconditionnel de l'acteur néo-zélandais, pas le genre à posséder Gladiator en 15 éditions différentes mais plutôt celui à vous dénicher de sombres films underground dont vous n'auriez pas même imaginer la jaquette dans vos rêves les plus fous! Je pense qu'il s'était surtout mis cette idée en tête après avoir vu un homme d'exception, un film signé Ron Howard, le rouquin le plus célèbre des années 70 pour son rôle de Richie Cunningham dans Happy Days.

Le scénario tiré d'une autobiographie éponyme, raconte la vie de John Nash, un petit génie de l'économie prêt à bousculer 150 ans de théories pour acquérir une once de reconnaissance de la part des ses pères. Son intelligence et sa créativité vont d'ailleurs amener les services secrets américains à s'intéresser d'un peu plus près au bonhomme. Il faut dire que nous sommes en pleine guerre froide et que la collaboration de ce genre d'individu avec la sainte patrie américaine ne peut qu'être bénéfique pour endiguer le communisme naissant. John Nash va commencer par décrypter certains codes secrets jusqu'à ce que son implication ne prenne une toute autre ampleur...

Si l'on s'en limite au film, Russell Crowe est bel et bien cet homme d'exception. Il joue juste sans tomber dans le pathos de tous ces acteurs qui cherchent à grappiller un oscar en devenant le nouveau Raymond Babbit du 21ème siècle. Il est cependant bien épaulé par une Jennifer Connelly dont le jeu semble sublimé par la prestation du néo-zélandais.
Ron Howard nous ballade ainsi pendant plus de deux heures entre divers sentiments. Ne sachant plus sur quel pied jongler, le spectateur finit par faire totalement confiance à cet homme qui semble porter tous les maux de la Terre et bien plus encore.
D'un point de vue technique, la photographie est superbe, les maquillages bluffants et la mise en scène totalement maîtrisée par un Ron Howard inspiré. La musique a elle aussi contribué au succès populaire du film en ramassant pas moins de quatre oscars du côté d'Hollywood. Elle est signé James Horner, l'homme dont les cordes vous transportent irrémédiablement vers le sublime. Malgré ce bel engouement, ni son compositeur, ni son acteur principal ne repartiront auréolés de la plus belle des récompenses. Ils seront doublés cette année là par Howard Shore avec la bande originale du Seigneur des anneaux et Denzel Washington pour sa prestation dans le film Training Day.

Vous le savez aussi bien que moi, on ne mesure pas un film en fonction du nombre de récompenses qu'il amasse. Disons simplement que cela aide grandement à sa promotion sur le plan international. Quoiqu'il en soit, je ne saurai vous conseiller d'y jeter un oeil et d'y voir autre chose qu'un remake de Rain Man à la sauce Gladiator, ce serait tellement dommage...


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samedi 26 mai 2012

La vie des autres


Good bye Lenin n'est désormais plus le seul ovni né outre Rhin, à mes yeux en tous cas! Et je n'aurai certainement jamais poser les yeux sur la vie des autres s'il n'avait pas été oscarisé, comme quoi, bien que surfaites, ces petites statuettes dorées ont un impact majeur sur la distribution et du même coup, la découverte d'un long métrage.
Dans une solide reconstitution de la guerre froide, la vie des autres raconte le quotidien des résidents de l'Allemagne Est, celle là même remplie de Kamarades et d'hommes aux idéaux plus larges que leurs mise en pratique. Gerd Wiesler est l'un d'entre eux, fervent supporter du parti mandaté pour espionner l'un de ses compatriotes, l'intellectuel Georg Dreyman soupçonné de véhiculer des pensées peu patriotes aux yeux des dirigeants de la RDA. Il va pourtant vite se rendre compte que l'intérêt de son parti est ailleurs, et particulièrement chez la compagne de ce Dreyman qui semble s'être attiré les faveurs d'un des grands pontes de l'espionnage moderne. Wiesler va alors commencer à sérieusement remettre en question les causes qu'il défend et qu'il croyait jusqu'ici légitimes.

Le film est un excellent vecteur du passé si tenté que vous ayez conservé deux, trois souvenirs de la Guerre Froide malgré les années qui vous séparent du baccalauréat. Ulrich Mühe nous prouve que Christopher Waltz n'est plus le seul germanique à s'octroyer notre empathie en quelques minutes. Le sosie allemand de Richard Jenkins (Six feet under, The Visitor) devient troublant dans une prestation aux antipodes de ce qu'on peut attendre de ce genre de personnage avec notre lourd bagage d’aprioris. Les autres personnages deviennent d'un coup moins charismatiques et me rappellent soudainement ces après-midis de souffrance parentale devant les Tatorts et autres Rex chien flic. C'est dommage même si le cast n'altère en rien l'impact de ce film qui offrira de nouvelles opportunités à son réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck, à commencer par la réalisation de The Tourist avec de tous autres moyens.

En plus d'être remarquable, la vie des autres fait réfléchir à une situation qui n'est pas si loin de nous sur l'échelle du temps. Aussi dépassez vos préjugés et préférez la VF si vous ne voulez pas passer à côté de cette belle histoire sur fond politique qui donne à réfléchir. C'est d'ailleurs la période idéale à ce qu'il paraît...


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vendredi 27 avril 2012

Le discours d'un roi


Alors qu'il subit les affres d'une vieille pneumonie, le roi George V d'Angleterre laisse à son royaume un choix cornélien. Son aîné Edouard VIII fait bonne figure. Éloquent et classieux,  il traîne pourtant derrière lui de sombres casseroles à commencer par cette relation avec une américaine qui sort d'un double divorce et qui ne fait clairement pas l'unanimité auprès de la Cour britannique. Son autre fils, Albert deviendrait alors le candidat idéal si sa voix ne lui faisait pas défaut. En effet, le prince dauphin a développé une forme aiguë de bégaiement lui ôtant toute crédibilité à chacune de ses sorties officielles. Devant l’irresponsabilité de son aîné, Albert va malheureusement se retrouver propulsé sur le devant de la scène contraint de combattre ses vieux démons. Fier comme un coq mais suffisamment réaliste, Albert va devoir ranger son ego au placard et appeler à l'aide d'un orthophoniste. La liste des prétendants est longue mais aucun ne semble avoir d'emprise sur le roi, sauf un...

Que les cancres en histoire - géo se rassurent, je n'irai pas plus loin dans les faits historiques. le film se suit sans aucun problème y compris pour les férus du dernier rang prés du radiateur.
Colin Firth casse définitivement son image de playboy pour entrer dans l'Histoire. Impulsif et empathique, il fait presque pitié à voir. Nous sommes quand même à l'aube d'un nouveau conflit mondial et le roi lutte pour se faire entendre au sens propre comme au sens figuré.
Il est heureusement bien secondé par Lionel Logue, un orthophoniste aux méthodes peu conventionnelles, mais à la foie implacable en l'être humain et ses capacités. Les médias ont beaucoup parlé de la prestation de Colin Firth mais pour vous dire la vérité, le néo-australien Geoffrey Rush m'aura fait plus forte impression. Derrière cette "gueule" se cache un homme convaincu auquel on se fierait finalement les yeux fermés.

Au delà d'un casting efficace, le discours d'un roi apparaît stylé comme seuls les anglais en ont le secret. Cadres épurés, photographie pâle et caméras en perpétuel mouvement transforment ce qui aurait pu devenir un vieux téléfilm estampillé BBC en un prétendant sérieux à l'oscar ultime.
Inutile de vous le préciser mais la version française est bien entendu à proscrire dans un film sur l'élocution et ses méfaits. Mais n'ayez crainte! Le roi parle lentement et distinctement grâce à son bégaiement. Et qui sait? il pourrait même vous donner envie de prolonger le plaisir de la version originale mêmes pour ceux du fond de la classe!


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jeudi 19 avril 2012

A history of violence (vost)


Je ne connaissais David Cronenberg que de nom jusqu'à récemment. J'ai entendu son patronyme pour la première fois dans une parodie des nuls qui faisait la part belle à la Mouche ou plutôt la mèche de Cronenbourg que les trois quart des enfants de ma génération ont imité au moins une fois dans leur vie. Je me souviens également avoir vu un passage de la Mouche, si dégueulasse soit il, quand Jeff Goldblum s'arrache les oreilles au lieu d'utiliser un simple coton tige comme le ferait n'importe qui. On peut finalement dire que ma première expérience avec le réalisateur canadien remonte à cette fameuse dangerous method découverte un peu par hasard et dont le déroulé m'aura clairement laissé sur ma fin.

A History of violence est à l'opposé de ce dernier. Le film démarre sur un long travelling qui suit un père et son fils dans une insouciante cavale meurtrière à travers les États-Unis. Leur road trip prend soudainement court lorsqu'ils décident de braquer le café d'une bourgade tranquille du fin fond de l'Indiana. En mauvaise posture, le gérant Tom Stall parvient tout de même à désamorcer la situation dans un bain de sang qui va faire de lui le héros du village. Mais il y a un hic! Parmi ses fervents admirateurs se trouve Fogarty, campé par un Ed Harris plus méchant que jamais et persuadé de reconnaître le jeune restaurateur boucher comme une vieille connaissance du nom de Joey Cusack. Pris dans un imbroglio qu'il ne maîtrise pas, Tom devient rapidement parano et peine du même coup à maîtriser ses émotions...

La première heure du film est juste extraordinaire. La tension est à son comble entre accès de violence soudaine et peur permanente. Tom Stall nous joue l'américain moyen qui devient sous pression un véritable boucher professionnel qui réussirait même à faire flipper le cadavérique Javier Bardem dans l'effrayant No country for old men des frères Coen. La brutalité de Tom est toutefois altérée par cette vie bien rangée qu'il mène aux côtés d'une femme qui le porte sur un piédestal et des enfants qui le voient comme un père modèle sous toutes ses coutures. L'homme devient il un animal lorsqu'on le pousse à bout? La violence est elle innée ou le fruit de l'expérience? Deux belles réflexions qui pourraient alimenter la pile de sujets philo pour le prochain baccalauréat...au moins vous aurez quelques éléments de réponses sous le bras!

La demi heure qui suit est malheureusement moins maîtrisée comme si Cronenberg avait dû la torcher en urgence pour présenter son film annuel au festival de Cannes. La violence y devient lourde comme on pourrait s'y attendre dans un remake de Scarface mais pas dans un film dont Cronenberg avait tous les outils en main pour en faire un bijou. Tant pis, Nicolas Winding Refn en ramassera les miettes quelques années plus tard avec le succès qu'on lui connaît!


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jeudi 5 avril 2012

Fish Tank (vost)


Les films estampillés MK2 peuvent faire peur. On pense immédiatement aux cinémas "branchouilles" fréquentés par une majorité de bobos parisiens en lutte contre une pseudo culture populaire. Le label a pourtant attiré dans ses filets des pointures comme Gus Van Sant ou encore David Lynch. Il est également à l'origine de belles découvertes du cinéma indépendant à l'image de ce Fish Tank qui obtiendra tout de même le prix du jury au festival de Cannes 2009.

Le film nous montre une Angleterre à mille lieues des cartes postales londoniennes. Oubliez cette ambiance où se côtoient toutes les classes autour d'une bonne pinte de Guinness quand sonnent les 17 heures. Loin des préoccupations populaires d'un Richard Curtis vivent des familles entières quelque part entre la misère et l’alcoolisme passif. Le temps paraît long dans les banlieues et l'idée d'une échappatoire devient une alternative plus que nécessaire pour une jeune génération en perdition. Mia a choisi le Hip hop pour fuir un quotidien qui la bouffe entre une mère alcoolique et irresponsable et des perspectives d'avenir plutôt limitées. De nature solitaire, elle va peu à peu s'ouvrir grâce à Connor, le petit ami de sa mère avec qui le courant passe immédiatement...

La réalisatrice Andrea Arnold nous montre cette génération de jeunes, délaissés par le système et  montrés du doigt si tenté qu'on s’intéresse à eux. A l'image d'un kids de Larry Clark, rien ne nous sera épargné! Des gamines tout juste capables de lacer leur chaussures picolent en fumant des cigarettes. La mère de Mia  organise ses plans culs pendant que ces filles sont violemment consignées dans leurs chambres et j'en passe!
Le casting est volontairement composé d'amateurs pour une fiction plus proche de la réalité que jamais. Pour ne citer qu'elle, Katie Jervis  qui interprète Mia a été découverte alors qu'elle se prenait la tête avec son boyfriend à un arrêt de bus. Elle n'a jamais pris un cours de danse de sa vie et on pourra reprocher à la réalisatrice ce petit bémol  qui discrédite toutes les scènes de danse un peu bancales...
La seule tête connue reste celle de Michael Fassbender dans un rôle de queutard qui semble lui coller à la peau si l'on tient compte notamment de ses deux dernières prestations dans a dangerous method de Cronenberg ou encore le sulfureux Shame de Steve McQueen.

Authentique et sincère, ce film n'aura de cesse de surprendre son petit monde. Loin des comédies où les réalisateurs anglais s'avèrent désormais spécialistes, surgissent de nul part quelques ovnis comme Fish Tank qui altère l'image qu'on peut se faire d'un pays à partir d'un simple voyage de vacances. La réalité est dure et il est parfois bon de la prendre en pleine tête!


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