vendredi 21 mars 2014

Alabama Monroe (vost)


7 mois, 1 jour et quelques heures, c'est le temps qu'il m'aura finalement fallu pour digérer Alabama Monroe et avoir le cran de m'y replonger une seconde fois. Je parle de cran parce que le second film de Felix Von Groeningen demande du courage et un mental à toute épreuve. Certains parleront de misérabilisme ou de ficelles émotionnelles faciles, je parlerai plus simplement d'un coup de poing en pleine tronche!

J'étais pourtant loin d'imaginer ce qui allait m'arriver lors du visionnage de la bande annonce. Un groupe de bluegrass qui fait immédiatement penser au film des frères Coen (O'Brother) et l'amour à première vue impossible d'un musicien et d'une tatoueuse que tout oppose. La musique me poussait à taper du pied, les plans étaient généreux, une actrice plutôt bien fichue, il ne m'en fallait pas plus pour me laisser tenter.
Et puis viennent les premières minutes du film qui annoncent rapidement la couleur. Nous ne sommes pas dans une comédie, nous ne sommes pas non plus dans un feel good movie porté par une bande originale aux p'tits oignons. (Pour l'anecdote, elle est d'ailleurs devenue la bande originale la plus vendue en Belgique à ce jour!) Sortez la boîte de mouchoirs car vous en aurez certainement besoin. 
Alabama Monroe raconte finalement le combat de Didier et Elise face à la maladie de leur enfant, Maybelle, atteinte d'un cancer à un âge où les petites filles ne sont encore que des princesses aux yeux de leurs parents. En découle une multitude de sentiments exacerbés, poignants et forts qui sont remarquablement mis en scène par le réalisateur belge. L'académie des Césars ne s'est d'ailleurs pas trompé, elle qui a récompensé Alabama Monroe par le César du meilleur film étranger. (Enfin une statuette que Gallienne n'emportera pas avec lui!)

Pourvu d'un esthétisme quasi irréprochable, le film pousse son public à s'interroger sur ses croyances, l'existence d'un au delà ou encore ce qui fait ou pas la force d'un couple. Qu'on aime ou pas, il ne peut laisser indifférent et devrait faire le bonheur des tatoueurs locaux dont l'activité devrait connaître un pic dans les mois qui arrivent. (A ce propos et au cas où vous vous poseriez la question, les tatouages d'Elise ne sont malheureusement qu'éphémères...désolé messieurs, vous pouvez ranger vos fantasmes au placard!)
Les minutes passent et je me rends compte qu'il m'est aussi difficile de parler du film après l'avoir vu une seconde fois que si j'avais rédigé cet article à ma sortie du cinéma. Je porterai peut être des bottes de cowboy rouges avec un tatouage que je regretterai déjà le lendemain de mon craquage mais l'émotion est toujours la même. Celle la même qui fait qu'on se sent vivant et qu'on veut désormais profiter de chaque instant de cette putain de vie! Alors ne perdez plus une seconde et jetez vous sur ce film si ça n'est pas déjà fait!



Extrait musical

2 commentaires:

L a dit…

Quel cran en effet. Moi qui suis allée le voir pendant la semaine de rediffusion des meilleurs films de 2013, sans regarder la bande annonce ni lire le résumé, j'ai pris une sacrée claque!

L'accro au dvd a dit…

C'est bien l'effet qu'il semble procurer aux gens ;)