mercredi 23 mai 2012

Le stratège


Difficile de tenir sa place dans un championnat national quand votre budget se trouve sous 10 tonnes de merde en dessous de la plus petite masse salariale de la ligue. Bien que j'en apprécie la teneur, ces propos ne sont pas les miens mais ceux de Billy Beane, manager frustré des Athletics d'Oakland. Il n'est pas le seul à se plaindre du déséquilibre et du pillage gratuit orchestré par les clubs historiques. En revanche, il aura bel et bien été le premier à combattre le système autrement qu'en allant pleurer auprès de sa hiérarchie. S'appuyant sur les théories scientifiques de Peter Brand, un jeune fana de baseball doublé d'un geek de la statistique, beane va créer son équipe modèle comme on la bâtit dans les jeux vidéos où l'on devient son propre manager. Peu importe la valeur des joueurs en dollars, les chiffres parleront pour eux. Que les laissés pour compte et les cireurs de banc se tiennent prêts car ils sont peut être de nouveau dans les petits papiers du manager!

La pilule sera bien évidemment difficile à avaler pour les recruteurs de la vieille école qui montent rapidement au créneau pour se la mesurer avec une machine qui prétend faire leur job!
Difficile également de convaincre un entraîneur en fin de contrat campé par un Philip Seymour Hoffman méconnaissable sous son crâne chauve et son air bedonnant.
Et si les règles de ce fabuleux sport qu'est le baseball m'échappent toujours, j'aurai au moins le plaisir de découvrir de véritables équipes et non les fictives qu'on nous balance généralement dans ce genre de films. La licence a certainement coûté un bras aux producteurs mais le retour sur investissement est garanti! (Aux USA au moins...) Là bas, le sport est une religion un mythe. Les américains vivent au rythme de leur franchise. ils vont aux matchs comme à la messe et dépensent des sommes conséquentes en cartes de collection et autres goodies. Que le premier français à posséder un Footix authentique en peluche ou une carte contenant une mèche complète de Tony Vairelles me fasse signe...

Le film est même nominé aux oscars, c'est dire si la vie de cet opportuniste intéresse les générations d'amateurs du sport. Le film repartira certainement bredouille des oscars mais il aura au moins le mérite de donner de l'espoir à tout un chacun, sportif confirmé ou joggeur du dimanche qui baisse les bras avant même de prendre part au combat.
Nominer Brad Pitt aux oscars revient plutôt à récompenser Billy Beane pour l'audace dont il a fait preuve et les millions qu'il va engranger en plus des royalties qu'il touche déjà sur son best-seller. Quand le petit poucet devient le monstre, la donne change forcément, quoique...


Extrait musical

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